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Histoire d’eau !

smily Ali

Des heures torrides de farniente sur un sable brûlant et sous un soleil incandescent … vous en avez rêvé tout l’hiver et ça y est, à l’heure où L’Echo part sous presse, le compte à rebours vers vos flamboyantes destinations estivales est entamé ! En haut d’un toboggan aquatique ou dans une chaise-longue, le Paradis commence en bikini et à 35°. Mais si les épisodes de hautes pressions enchantent les baigneurs, les marchands de glaces, les vendeurs de piscines gonflables et les fabricants de climatiseurs, ils sont aussi les plus maléfiques complices de vos vacances.
Un thermomètre qui s’embrase à l’ombre de parasols impuissants face à des températures affolantes c’est la dangereuse promesse d’un bronzage qui tourne à la couleur homard thermidor puis du coup de chaleur ! Votre meilleur allié pour prévenir l’insolation et faire face à cette « surchauffe » : c’est l’eau !
Bien que terrestres … nous sommes majoritairement composés d’eau : 60% de notre poids corporel. Sans manger, nous pourrions vivre des semaines ; sans boire il nous serait impossible de survivre plus de quelques jours. Même le sobre chameau doit s’abreuver à son heure ! L’eau, au même titre que l’air est essentiel à la vie ; or nous sous-estimons souvent son importance. Aucun nutriment n’est aussi essentiel dans des quantités aussi importantes. L’hydratation est au centre de toutes les fonctions physiologiques ; toutes les cellules en ont besoin. Elle régule la pression sanguine, la température corporelle, la digestion. Elle lubrifie muscles et articulations, elle préserve l’élasticité et le teint de la peau, elle élimine les déchets du métabolisme. Elle permet de prévenir l’infection urinaire et la formation de calculs rénaux … Certaines eaux minérales riches en calcium contribuent à maintenir une bonne santé osseuse.
Contrairement aux dromadaires et autres zébus qui sont capables d’oxyder leurs graisses pour s’hydrater, l’homme doit compenser ses pertes en buvant. Nous perdons 2,5 litres d’eau quotidiennement. Le sport, l’élévation des températures, une fièvre ou une diarrhée augmentent la transpiration, les pertes et de ce fait les besoins hydriques. La dose journalière recommandée est de 2 litres d’eau – environ 8 verres- (un peu plus pour les femmes enceintes ou allaitantes).
Une déshydratation peut provoquer : maux de tête, fatigue, étourdissements, nausées, troubles de la concentration. La sensation de soif apparait lorsque l’organisme est déjà déshydraté (à hauteur de 1% du poids du corps) ; pour les sportifs, une déshydratation de 2% du poids du corps peut réduire jusqu’à 30% les capacités à maintenir un exercice à puissance imposée ; l’endurance diminue proportionnellement au degré de déshydratation. Pour eux, l’adjonction de sel favorisera la rétention hydrique et maintiendra le niveau d’énergie plus durablement en stimulant l’absorption des glucides.
Toutes les boissons peuvent contribuer à l’hydratation totale y compris les jus de fruits, les citronnades, l’eau de coco (qui n’a rien de miraculeux mais est très rafraichissante), le thé, le lait, les infusions et … même la soupe ! Mais attention aux boissons qui contiennent plus de 10% d’alcool (la plupart des vins) car elles ont un effet diurétique. Attention aussi aux eaux pétillantes (possible ballonnements), aux sucres des soda (susceptibles d’occasionner des troubles digestifs et à long terme : surpoids et caries dentaires), aux glaçons (qui peuvent causer des crampes d’estomac). La consommation spontanée d’une boisson agréable (quelle que soit sa saveur, sa couleur ou son odeur) est spontanément supérieure de 32% en moyenne à une boisson au goût neutre ; il ne faut donc pas négliger les effets sensoriels qui, en cas de chaleur excessive ou de risque d’insolation facilitent la prise d’une boisson sans attendre d’avoir soif.
Francine Joyce diététicienne www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo juin – septembre 2016

Fifty Shades of Green

Fresh vegetable smoothie

Cinquante Nuances de Green
Légumes en jus : la « feel-good » thérapie pour trinquer « healthy »
En ce XXIè siècle où la santé et le règne végétal sont devenus tendance, la côte des cures «détox» n’en finit pas de grimper. Plébiscités par Jennifer Anniston, Anne Hathaway et leurs copines hollywoodiennes, les jus de légumes ont remplacé le traditionnel café fumant dans son gobelet de polystyrène. A Beverly Hills (territoire de la branchitude absolue) les bars à jus ont investi tous les coins de rue pour vendre (au prix d’un jus de caviar) du rêve vitaminé à siroter. Flashy et multicolores, ces boissons à mi-chemin entre soupe et jus de fruit ont effectivement plus d’allure que les folkloriques bouillons et tisanes d’après-fêtes de grand-mère. Adieu le triste et austère « manger sain », la rédemption diététique est devenue glamour. Mixer n’a jamais été aussi tendance. Les jus de céleri et les épinards liquides sont désormais à la base de cures pétillantes pour revitaliser votre organisme. Ils ne séduisent plus uniquement les trentenaires urbaines hyperactives … mais aussi les sportifs, et même … les hommes !
Aussi réjouissante soit-elle, cette notion de revitalisation n’est qu’un renouvellement moderne d’une pratique médiévale. Elle renvoie au Carême, à l’idée religieuse du « manger maigre » qui au fil du temps, s’est métissée avec les rituels asiatiques de purification du corps et de l’esprit.
Aujourd’hui donc, les plus VIP y associent selon les préceptes ayurvédiques des séances de méditation et de yoga … une manière « diététique » de transformer sa cuisine en ashram !
Bourrés de vitamines et de minéraux, ces élixirs d’énergie liquide sont-ils les philtres nutritionnels qu’ils prétendent être ? Riches en anti-oxydants ils conjuguent des mérites de simplicité, de bien-être et de santé. Ils contribuent à « nettoyer » le corps des déchets accumulés, à soulager le système digestif, à donner de l’éclat à la peau et à retrouver un dynamisme éclatant. Simon, pilote à Air France en consomme 3 quotidiennement, comme desserts ou en snacks. Ses recettes personnelles incluent lentilles, kiwi, brocoli, persil … tout ce qui est vert et tous les fruits et fleurs exotiques rapportés de ses voyages. « mon énergie et ma concentration -nous dit-il- sont décuplées. Et dans mon métier c’est vital. Mes performances sportives sont boostées et en plus je me régale. Les saveurs fusionnent et je crée de nouveaux parfums … un peu comme un alchimiste »
Alors oui pris en collation crus et pressés à froid ou pour remplacer en partie un repas c’est une bonne idée. Bien sur concombre et fenouil apporteront moins de calories que les noix, les dattes ou les bananes mais l’index glycémique des jus est toujours plus élevé que celui des ingrédients non broyés. Et puis notre corps est équipé d’un foie et de 2 reins pour se détoxifier naturellement. Emma, étudiante nous dit « je n’aime pas les légumes et en plus je n’ai pas le temps de les éplucher ou de les cuisiner. Associer des végétaux crus à des saveurs fruitées et sucrées est facile. Cela me permet d’approcher les fameux 5 par jour et d’augmenter agréablement mes apports en fibres »
Les cures doivent s’intégrer à un régime équilibré, dans une ambiance cocooning. Les « lavages » qui consistent à en boire des litres pendant des semaines sans intégrer le moindre aliment solide sont très risqués. Certains y voient une expérience spirituelle … amincissante, certes, ce sera surtout une expérience drainante aux WC !
La détox attitude prend un sens plus profond quand elle répond à cette insécurité liée à notre alimentation moderne, un peu comme une prise de conscience environnementale pour se ressourcer, se reconnecter à la Terre quand on s’est trop « urbanisée », trop éloignée de la Nature. Vous sentez-vous assez « intoxiquée » pour passer à l’acte ?
Francine Joyce – diététicienne www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo Avril – Mai 2016

Chèvre ou Vache ? Lequel choisir ?

Cheese !

Chabichou ou St Marcellin ?
Polémiques, rumeurs et contre-vérités opposent depuis une dizaine d’années lait de vache, lait de chèvre et leurs dérivés caillés. L’homme est le seul à boire un lait qui ne lui est pas destiné. Mais en raison des méfaits supposés des laitages (allergies aux caséines, intolérance au lactose, apparition de maladie graves …) cette consommation diminue au profit d’aliments riches en calcium végétal (épinards, choux, amandes) moins bien absorbé.
Alors entre la génisse rouge qui rit en douce et le bouc de Chavignol, les cheese addicts ne savent plus à quel pis se vouer !
Le fromage de chèvre est aujourd’hui auréolé d’une image de produit «bon pour la santé». Proche des terroirs et membre d’une dynastie encore très artisanale, il s’est aventuré au-delà du traditionnel plateau de fin de repas pour intégrer une multitude de préparations culinaires, donnant aux picodons et autres crottins leurs lettres de noblesse. Un engouement auquel même les anglais et les américains ne résistent plus ! Recette antique (le cyclope d’Aristée s’en régale dans l’Odyssée) il est devenu moderne voire «sportif» : les buchettes ont quitté leurs originelles boîtes en bois pour des emballages à trous pour pouvoir «respirer» un peu comme les baskets de Hussein Bolt !
Même s’ils comportent d’évidents éléments communs, les laits provenant de mammifères différents présentent des divergences ; les fromages suivent les mêmes tendances :
Pour 100g de fromage* Vache type Emmental Chèvre sec type Bouton de Culotte
Energie (kcal) 374 459
Protéines (g) 29 27
Lipides (g) 29 39.5
Cholestérol (mg) 120 100
Sodium (mg) 226 790
Calcium (mg) 1185 190
Vitamine A (ER) 266 0
*ces valeurs sont réduites pour les fromages frais. Les taux de protéines, de nutriments et surtout de lipides fluctuent en fonction de la richesse en eau. Comme les fromages ont des niveaux d’humidité différents, la loi impose aux producteurs d’afficher le taux de matières grasses du produit sec ce qui rend la lecture des étiquettes complexe et source de confusion
Les +
Posés sur une branche de châtaignier ou sur une feuille de vigne en papier, bardés de lard, ou décorés d’aromates, tous les fromages (surtout ceux à goût fort) sont riches en tryptophane … un acide aminé qui booste la production de sérotonine, l’hormone du plaisir. La richesse culturelle et créative qui entoure leur fabrication depuis des siècles donne à notre patrimoine gastronomique et à nos menus une diversité gustative prodigieuse.
Ces deux types de fromages ont une teneur similaire en protéines de haute valeur biologique. Celles du chèvre contiennent moins de caséines. Elles forment un caillé plus friable facilitant l’action des enzymes nécessaires à leur digestion (c’est pour cela que le lait de chèvre a longtemps été utilisé pour les bébés).
Tous deux mais surtout le vache sont d’excellentes sources de calcium
En comparaison avec le lait de vache, les matières grasses du chèvre contiennent un peu moins de cholestérol. De plus, la dimension des globules lipidiques est plus petite ce qui le rend plus digeste. Il contient en outre moins de lactose.
Les –
La richesse en calories, en matières grasses saturées et en sel des fromages – affinés en particulier mais quelle que soit leur origine- recommande de ne pas banaliser leur consommation à tous les repas.
Les fromages de chèvre sont dépourvus de B-carotène (ce qui explique leur blancheur). Leur pâte plus humide les rend impropres à la congélation qui détériore les molécules et la finesse de goût. Néanmoins les préparations type quiches qui en incorporent dans leurs recettes peuvent être surgelées.
Francine Joyce – diététicienne www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo Février – Mars 2016

Marmite : L’Odysée de l’Elixir Noir

jar

L’intrépide correspondant de L’Echo a testé … et lève le couvercle sur cette recette gardée secrète derrière les barbelés d’une usine aussi impénétrable que celle de Willy Wonka !
En matière de pâtes à tartiner, il en faut pour tous les goûts … Il y a ceux qui fondent pour Nutella, ceux qui préfèrent les rillettes … les anglais craquent pour Marmite ! Version salée du Golden Syrup, cette mélasse brune est sujette à d’impitoyables sarcasmes et à toutes sortes de spéculations … Il n’existe rien de comparable en France ! Une texture épaisse aux allures d’huile de vidange et une saveur fermentaire puissante qui fleure le bouillon de bœuf. En snack, c’est un peu comme une pause pot-au-feu pour végétariens. Pas de juste milieu : on aime ou on n’aime pas ! La marque s’enorgueillit de cette polarité qui a désormais un nom le «Marmite Effect», un slogan «Love it or Hate it !» et une sculpture emblématique au centre-ville intitulée « Monumite ».
A s’en lécher les doigts disent les amateurs – parmi lesquels ont compte les plus grands : les Rolling Stones, Mr Bean, l’Ours Paddington !
Substitut saucier pour certains, condiment «hype» pour d’autres, Marmite aurait été inventé par un scientifique allemand à partir de la levure résiduelle de la fermentation de la bière. En couche fine sur des toasts … c’est un peu comme prendre une Kronenbourg en tartine sans s’attirer de regard d’effroi ou de dégoût (même au petit déjeuner) et de maintenir donc une saine convivialité ! Dilué dans de l’eau c’est l’assurance de rehausser la saveur de bien des mets et bien des breuvages chauds ou froids ; n’en déplaise au Guardian selon lequel le doux parfum de Marmite tiendrait les moustiques à l’écart !
Le nom très français de cette spécialité anglo-saxonne n’a rien à voir avec nos traditions Gauloises. Marmite Food Company a été fondée en 1902 au cœur des Midlands, à Burton-on-Trent, «capitale» anglaise des brasseries qui ont pendant longtemps fournit gratuitement l’ingrédient principal. Six mille tonnes sont produites par an (250 pots par minute et un chiffre d’affaires annuel de £46 millions) pour satisfaire le palais de 25% des foyers britanniques et soulager les nausées matinales des femmes enceintes. Nutritionnellement (si l’on fait abstraction des risques d’ulcère) c’est un «superfood» riche en vitamines qui boostent le système immunitaire (B1, B2, B3, B9, B12 notamment). C’est ainsi que Marmite est allée agrémenter la ration de pain sec et de lait déshydraté des soldats mobilisés au Kossovo. C’est ainsi aussi que le gouvernement Danois en a interdit la vente à l’intérieur de ses frontières en raison de sa trop haute teneur vitaminique – au même titre que les Rice Krispies et l’Ovomaltine …
L’étiquette précise : yeast extract (levure), salt (sel), vegetable extract (concentré de légumes), épices… Dans la liste des ingrédients, le sel vient en 2è place (comme le sucre dans un cup cake !) La richesse en sodium est en effet assez vertigineuse pour être antibactérienne (presque 10 fois plus que des chips) et faire rougir le tensiomètre des hypertendus. Unilever UK conseille de ne pas en donner aux enfants de moins de 1 an mais le recommande au-delà.
Si vous êtes fan, Marmite existe sous de multiples formes : chips, lip gloss, jeux de société (« Who Put the Marmite in the Fridge ? »).
Les recettes sont aussi alléchantes qu’infinies !
Francine Joyce – Diététicienne www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo février – mars 2016

Troubles du Comportement Alimentaire

TCA

Comment mieux comprendre votre enfant pour mieux réagir

Malgré une forte médiatisation, les troubles du comportement alimentaires (TCA) ne sont pas considérés comme de véritables maladies, mais comme un caprice d’adolescente, un moyen d’attirer l’attention ou plus généralement un fait de société. Ils touchent à l’adolescence 1 fille sur 4 et 1 garçon sur 5. Dans la population générale, la prévalence est estimée entre 1 et 3%.
Vanessa Berdugo, psychologue clinicienne à l’Hôpital Pointcaré de Garches, au Centre Hospitalier Sainte Anne et aujourd’hui au Dispensaire Français de Londres explique comment ces idées reçues retardent la détection de la maladie. Une prise en charge précoce permet de freiner voire de stopper son évolution et d’éviter les nombreuses complications.

L’amaigrissement est-il le symptôme principal de l’anorexie ?
Pas nécessairement. Au début, les signes ne sont pas toujours visibles. Une jeune fille peut restreindre radicalement son alimentation sans paraître maigre. De même au cours du traitement, elle peut reprendre du poids sans pour autant être guérie. Le diagnostic ne se pose pas en fonction d’un poids déterminé mais sur son évolution cours du temps.
Les symptômes se développent généralement vers 12-13ans ou durant la période de transition entre l’adolescence et l’âge adulte (17-18ans).
La caractéristique la plus évidente est un amaigrissement significatif lié au refus de maintenir un poids corporel minimal. L’arrêt des règles, conséquences de la dénutrition, est fréquent, sauf s’il est masqué artificiellement par la prise d’un produit de substitution hormonal (pilule contraceptive).
Quels critères caractérisent l’anorexie ?
✔ le refus de maintenir un poids normal pour l’âge et la taille.
✔ la peur intense de grossir alors que le poids est inférieur à la normale
✔ l’altération de la perception de son propre corps et son influence excessive sur l’estime de soi ; le déni de la gravité de la maigreur actuelle
✔ Pratique excessive d’exercices physiques
✔ après la puberté, l’absence d’au moins 3 cycles menstruels consécutifs
✔ dans certains cas, crises de boulimie et/ou vomissements provoqués avec parfois prise de purgatifs (laxatifs, diurétiques, lavements)
Et la boulimie ?
Elle affecte 30% des patients souffrant d’un TCA. Après des tentatives de perte de poids, la jeune femme peut perdre le contrôle de son alimentation et manger excessivement. Pour éviter de grossir, elle va intensifier la restriction alimentaire, jeûner, se faire vomir, abuser de laxatifs ou de diurétiques, ou encore pratiquer une activité physique intensive. Les boulimiques ont un poids normal et ne nient pas la maladie. 50% des patients qui ont présenté un épisode d’anorexie ou de régime strict développent à un moment de leur évolution des comportements boulimiques.
Selon le Dr. Y Simon « les TCA peuvent être considérés comme un mode d’adaptation à un sentiment d’insécurité au cours de la construction de l’identité ou des relations interpersonnelles : inquiétude face au regard des autres, peur d’être jugé, sentiment d’incapacité à contrôler certains aspects de la vie (poids, intégration à l’école, adhésion au groupe de jeunes, conflits entre les parents, maladie d’un proche…). Le jeune trouve alors dans le contrôle de son alimentation, une certaine fierté, une sécurité sur laquelle peu ont le pouvoir d’interférer ».
Ces jeunes ont souvent été dans leur enfance obéissantes et attentives à ne pas poser de problèmes. Pour elles, la restriction alimentaire peut apparaître comme une manière inoffensive de prendre le contrôle sur leur vie. Malheureusement, insidieusement c’est l’anorexie qui prend le dessus.
Quelles sont les causes des TCA ?
Il n’y a pas de cause unique. Il existe des facteurs biologiques, développementaux, physiques, psychologiques, socioculturels, familiaux – place de chacun dans la famille, accès à l’autonomie, règles éducatives …) Une vulnérabilité génétique a été prouvée.
La société et la culture ont une responsabilité importante dans les idéaux de minceur qu’elles véhiculent, les conduites à risque qu’elles valorisent et la course aux performances qu’elles encouragent.
Quand consulter ?
Il ne faut pas hésiter à amener un enfant chez le médecin pour discuter de vos inquiétudes. Pour les adolescents, consulter avec les parents est de pronostic favorable mais on ne peut pas les forcer. Montrez-leurs simplement que vous restez disponibles et prêts à les l’aider.
Rien ne vous empêche de chercher de votre côté des réponses à vos questions auprès d’un médecin ou une association.
Il faut se méfier de «l’effet miracle» de la 1ère consultation. Bien souvent, après celle-ci le comportement alimentaire ainsi que le bien-être psychologique s’améliorent. Cependant, il faut être prudent car la situation doit être évaluée semaine après semaine pour confirmer la continuité de l’amélioration. La sévérité des symptômes ne permet pas de déterminer les chances de guérison. En revanche, une détection précoce de la maladie, une perte de poids peu importante, une alliance thérapeutique avec la patiente en début de traitement, un soutien familial et social sont des éléments associés à un pronostic favorable.
Comment traiter les TCA ?
Le traitement associe :
✔ suivi médical : surveillance du poids, de l’état général physique, examens complémentaires, traitement des carences
✔ suivi psychiatrique : évaluation de l’état psychique, recherche de troubles psychopathologiques associés
✔ suivi nutritionnel pour mettre en place un programme de réalimentation progressive. Il fait l’objet de négociations afin d’aboutir à un contrat décrivant les différentes étapes pour le retour à une vie normale. Il associe les parents.
✔ prise en charge de la famille dont tous les membres sont en souffrance ; elles doivent être aidées et impliquées dans les soins. Les entretiens familiaux apportent soutien et écoute ; ils permettent d’apprécier l’impact de la maladie dans la famille et les dysfonctionnements qui l’entretiennent.
✔ Psychothérapie, réalisée en groupe ou en individuel – psychanalytique ou cognitivo-comportementaliste.
Les soins peuvent être réalisés en ambulatoire et peuvent s’appuyer sur des hospitalisations à la journée sans couper le jeune de son insertion familiale, sociale et scolaire.
Quand l’hospitalisation devient-elle indispensable ?
En cas de complication médicale (troubles cardiaque, déshydratation…) psychologiques (dépression sévère, refus des soins …), de dénutrition trop sévère, lorsque la famille est débordée et doit être relayée, lorsque le traitement ambulatoire a échoué et que l’amaigrissement se poursuit.
La famille est-elle responsable ?
Les TCA peuvent survenir dans tous les contextes familiaux. La totalité de la vie quotidienne est alors désorganisée ; les conflits se multiplient mais les parents sont une ressource essentielle au traitement. Le soutien des proches est un facteur de guérison majeur chez ceux qui guérrissent.
Les frères et sœurs sont souvent les premiers à détecter ce qu’il se passe. Généralement très préoccupés par les différents aspects de la maladie mais aussi par l’épreuve que traversent leurs parents, ils peuvent se sentir délaissés mais ne s’autorisent pas à exprimer leurs propres difficultés de peur d’affliger un peu plus leurs parents.
L’école peut-elle aider ?
Il est important d’informer les professeurs pour qu’ils ajustent temporairement la quantité de travail. La jeune fille ne souhaitera certainement pas réduire sa charge d’étude et dévaloriser son travail. Le service de médecine scolaire peut jouer un rôle d’intermédiaire avec les soignants.
Bien souvent les parents craignent d’agir trop tôt. Dans le doute, il vaut mieux s’alerter pour rien et intervenir au plus vite ; ne surtout pas oublier qu’une prise en charge précoce a un impact favorable sur le pronostic.
Quand peut-on parler de guérison ?
Il est très difficile de répondre car chaque cas est particulier. On peut parler de guérison lorsque la jeune fille à l’envie de retrouver la santé, quand elle atteint un poids stable lui assurant un certain confort psychologique et émotionnel, quand elle peut contrôler son comportement et qu’elle a retrouvé le plaisir de manger.
70% à 80% des jeunes qui souffrent d’un TCA guérissent complètement. Cependant, la moitié conserve longtemps des préoccupations pour l’alimentation et le poids, surtout dans des périodes de la vie marquée par un stress, un sentiment d’insécurité ou d’échec …
La jeune fille qui guérit n’est bien souvent pas la seule à tirer des bénéfices de sa victoire. Fréquemment, la famille exprime bien plus tard qu’ils sont sortis plus forts de ce combat contre la maladie et se sentent plus proches les uns des autres.

Propos recueillis par Francine Joyce, diététicienne – nutritionniste à Londres
www.dietconsulting.co.uk
twitter @JoycePepiloo
Paru dans L’Echo Février – Mars 2016

Liens utiles :
Associations proposant des groupes de paroles, des lignes d’écoute téléphonique, des conseils et de l’entraide et adresses d’établissements spécialisés.

➔ Association d’information et d’entraide autour des troubles du comportement alimentaire (ENFINE) www.enfine.com
➔ Adresses utiles, conférences pour les familles …www.anorexieboulimie-afdas.fr
➔ Réseau TCA Francilien www.reseautca-idf.org
Propose une permanence téléphonique (médecins, psychologues, associations) 0810 037 037
➔ site anglais : b-eat.co.uk

La Malédiction de l’huile de palme

Nutella2

Qui sait ce qu’il mange réellement ?
Qui sait que sa pizza ou sa glace contient plus de graisses saturées que des frites ? Qui sait que l’étiquetage « graisses végétales » cache à coup sur de l’huile de palme ? cette graisse si anxiogène pour les consommateurs que la mention « garanti sans huile de palme » est devenue pour Casino, Findus, St Michel et bien d’autres un argument de vente ?
Même si elle ne se vend pas au détail, l’huile de palme est la plus consommée au monde depuis des millénaires ; mais elle fait périodiquement la une de l’actualité sous le coup d’une accusation double : nutritionnelle et écologique. D’une part, elle est particulièrement riche en acides gras saturés néfastes en excès pour le système cardiovasculaire (l’acide palmitique notamment) et d’autre part, sa production, en partie responsable de la disparition des forêts natives- menace la biodiversité. Dangereuse donc pour la Santé, pour la Planète et pour les Grands Singes … tant et si bien qu’en 2012 le Sénat a failli voter un amendement triplant la taxe sur l’huile de palme. Un français moyen en consomme 3g /jour ; c’est assez pour devenir le bouc émissaire commode d’un phénomène bien plus large : notre alimentation obésogène qui a remplacé les produits frais préparés à la maison par des plats industriels transformés -jusqu’à 80% des apports pour certains d’entre nous. Rappelons-le, 100g de Nutella c’est 70% de sucre et d’huile de palme qui totalisent plus de 500 calories … c’est plus qu’un cheeseburger ! Nous consommons en effet trop de sucres et trop de lipides, en particulier d’acides gras saturés ou trans qui augmentent le risque de maladies chroniques.
Pour le grand public, les graisses végétales sont bienfaisantes alors que les graisses animales sont nocives. Toutefois, les préférer au beurre n’est pas toujours judicieux. Ainsi, les margarines végétales sont souvent transformées chimiquement par hydrogénation. Leur composition nutritionnelle n’est donc pas toujours aussi bénéfique que l’on pourrait le penser. L’huile de palme rouge (issue du fruit alors que l’huile de palmiste est tirée du noyau) est un produit naturel, extraite comme pour l’olive par pression sans ajout d’adjuvant chimique. De toutes les matières grasses végétales le profil en acides gras de l’huile de palme est celui qui se rapproche le plus de celui du lait maternel. Elle est aussi l’aliment le plus riche en b-carotène (elle en contient 15 fois plus que la carotte) et en vitamine E après l’huile de germes de blé. Elle a un goût neutre, une texture onctueuse solide à température ambiante et ne rancit pas vite. Elle est stable à la cuisson et résiste aux changements de température. Elle peut être raffinée pour obtenir un produit transparent et inodore appauvri alors en ses vitamines et phénols comme toutes les huiles raffinées.
Un peu d’huile de palme dans l’assiette n’est donc pas nuisible. Elle le devient quand on l’utilise avec excès. En pâtisserie, elle permet d‘éviter les acides gras trans athérogènes. La remplacer par des huiles végétales comme le tournesol, le carthame ou le maïs augmenterait notre consommation déjà excessive d’oméga 6.
Son boycott n’est d’ailleurs pas encouragé par Greenpeace car sa production demande moins de surface que d’autres huiles et surtout, la responsabilité de la destruction des forêts natives est partagée : sur les 20 millions d’ha disparus en Indonésie entre 1995 et 2005, 3 millions correspondent à la création de palmeraies … les 18 autres sont imputables aux exploitants de bois, de pâte à papier et de charbon de bois. De plus, de nombreux industriels ont adopté la filière de production durable assurée par de petits planteurs avec la mise en place d’une traçabilité certifiée et l’objectif « zéro déforestation ». Ainsi le label RSPO garantit maintenant l’application de standards éthiques, sociaux et environnementaux pour atteindre (selon Ferrero) 100% d’huile de palme durable en 2015.
Francine JOYCE diététicienne
www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo Décembre 2015 – Janvier 2016

Homard ou Caviar ?

lobster

Emmitouflées dans une robe de pomme de terre ou sur un nuage de crème fouetté, les perles noires du caviar font partie des produits star de toutes les grandes occasions. Sur un lit de blinis ou au creux d’une noble cuillère en nacre, le reflet miellé de ces petits carats noirs recèle une douceur iodée, légèrement âpre et salée très prisée des gastronomes. A l’instar du roi Triton et du Président Obama, les amateurs de fruits mer lui préfèrent pourtant parfois la chair subtile (et tout aussi luxueuse) du homard ! Notoriété et noblesse médiatisées par le très théâtral Jeff Koons qui a choisi d’exposer son Lobster en aluminium polychrome… au Château de Versailles !
Nutritionnellement, quelle différence entre une giboulée de petites billes noires et le plus estimé des crustacés ?
HOMARD* / CAVIAR*
Energie (kcal) 104.0 / 178.0
Protéines (g) 22.1 / 25.0
Glucides (g) 0.3 / 2.5
Lipides (g) 1.6 / 7.5
Cholestérol(mg) 110 / 440
Oméga3 (g) 0.3 / 3.1
Sodium (mg) 350 / 1700
Cuivre (mg) 1.3 / 0.04
Zinc (mg) 2.8 / 0.8
Iode (ug) 100.0 / 117.0
*Pour 100g de produit
Arthropode solitaire et agressif de l’hémisphère Nord uniquement, le homard est plus proche des araignées que des poissons. Bleu de son vivant, rouge vif après cuisson (d’où son nom de cardinal des mers) sa chair est une merveille culinaire… à condition de tenir à distance la traditionnelle escorte de mayonnaise ou de sauce au cognac ! Pour l’anecdote, la recette « à l’américaine » (grand classique de la cuisine française, mais si mais si !) a été inventée par un restaurateur provençal pour séduire les touristes américains de passage à Sète !
Les femelles ont une chair plus fine ; ses cousins américains et canadiens, pêchés dans des eaux plus profondes et plus boueuses ont une chair moins fondante.
Pour le caviar, comme aucun étiquetage n’est obligatoire mise à part l’année de récolte, il faut le regarder bien droit dans les œufs et choisir celui dont les grains ont un contour bien net et se détachent les uns des autres
Les moins
• Attention, homard et caviar ont tous deux une teneur élevée en sodium (un mauvais choix donc pour les hypertendus) et en purines propres à déclencher des crises de goutte surtout si on leurs associe de l’alcool festif – avec ou sans bulles.
• Le caviar est riche en lipides qui lui confèrent son onctuosité ; et comme tous les œufs, il contient beaucoup de cholestérol – nettement moins qu’un œuf de poule (1500mg/100g) … mais accompagné d’un toast beurré le total devient vertigineux !
• Le homard peut lui, comme la crevette et le crabe, être à l’origine de réactions allergiques sévères
• Aujourd’hui accessibles en grandes surfaces, ils restent aussi onéreux l’un que l’autre !
Les plus
• Caviar et Homard sont tous deux des mets de prestige qui contiennent plus de protéines que la viande ! Ils sont pauvres en glucides et riches en iode.
• Le homard est pauvre en lipides et ces derniers sont en majorité des acides gras poly-insaturés. Il contient certes du cholestérol mais seulement dans la tête et le corail ; ses teneurs en zinc, phosphore et cuivre sont remarquables.
• Il fait partie des rares crustacés ayant une faible concentration en mercure.
• Pendant les fêtes, caviar et homard s’accorderont merveilleusement à de tendres moments en tête à tête et à toutes vos soirées de rêve !
Francine Joyce – diététicienne
Paru dans L’Echo Décembre 2015 – Janvier 2016
www.dietconsulting.co.uk

Fiche Beauté – la lipotrisie : solution anti cellulite

back thighs

La lipotripsie est un traitement non-invasif de la cellulite et du relâchement cutané. Largement utilisée aux Etats Unis, cette méthode utilise des ondes radiales pour réduire la peau d’orange et remodeler la silhouette. Elle est utilisée depuis des années comme alternative à la chirurgie dans le traitement des calculs rénaux et des tendinites (grâce à l’action anti-inflammatoire des percussions).

Elle favorise l’élimination naturelle de l’excès de graisse, des toxines et des déchets métaboliques par les voies lymphatiques, en particulier après une perte de poids. Elle relance la microcirculation ralentie par la cellulite et stimule la production de collagène et d’élastine. La peau retrouve un aspect lisse et sa fermeté naturelle. La réduction du volume des capitons entraine la disparition progressive de l’aspect « marbré » de la cellulite.

Effets de la lipotripsie :

–        déstockage => réduction des amas graisseux

–        zones cellulitiques défibrosées => diminution durable de la peau d’orange

–        augmentation de la production de collagène et d’élastine  => amélioration de la qualité de la peau qui retrouve fermeté et jeunesse

–        micro-circulation stimulée => meilleure oxygénation des tissus, élimination des toxines et déchets augmentée

Entièrement basée sur la bio-stimulation, l’application ne nécessite ni injection ni incision et ne provoque pas d’hématomes. Une séance dure une trentaine de minutes.

La lipotripsie n’est pas une méthode d’amaigrissement mais elle permet de remodeler la silhouette au niveau du ventre, des cuisses, des bras et des mollets. Solution efficace pour un look glamour !

Pour plus d’informations : www.sos-silhouette.com

Maison Médicale : 0207589 9321

Paru dans Ici-Londres Décembre 2015

Tendances ou Traditions ?

Healthy meal for weight dump

Le Match Nutritionnel de la Rentrée 2015

 

La rentrée c’est la saison des défilés et des nouvelles collections, des salons de l’innovation et … de toutes les hérésies alimentaires. Quelles seront les tendances 2016 ? la kalette (hybride du chou de Bruxelles et du kale) ? les fruits du baobab ? l’eau de bouleau ? la farine de criquets (histoire  d’enrichir les gâteaux en protéines bio) ? l’App qui calcule la valeur nutritionnelle des plats que vous photographiez ?

Cette année, resterez-vous fidèle à vos routines alimentaires ou vous laisserez-vous ensorceler par des tentations new wave ? Résisterez-vous aux churros de pomme de terre et à la pâte de speculos à tartiner ?

L’attrait de la nouveauté est plus fort que toute volonté humaine, que tout commandement divin ! Souvenez-vous. TOUT a commencé avec une simple pomme ! Adam, Eve … et l’irrésistible goût de la tentation. Il suffisait que le fruit soit nouveau, qu’il ne soit pas en libre service pour qu’il déclenche une insatiété irrépressible. Cela aurait pu être une banane ou un chou fleur. Ce fut LA  révélation marketing universelle pour des générations d’industriels aux dents longues : il faut innover pour séduire.

Aujourd’hui rien n’a changé. Notre motivation rabelaisienne est toujours aussi basique (du plaisir sans retenue !) et la tentation pour tout ce qui sort de l’ordinaire toujours aussi compulsive.

Ainsi, à l’heure où notre patrimoine gastronomique vient d’être classé au rang de trésor de l’humanité par l’Unesco, la tradition artisanale apparait comme rétrograde et laisse la place à de nouveaux mantras alimentaires parfois ubuesques.

  • épices pour tout pimenter (wasabi dans les yaourts, chili en infusion, vinaigre en paillettes)
  • algues cosmétiques pour que des spaghetti de wakame ou des saucisses de kombu augmentent votre potentiel beauté
  • locavorisme : philosophie économiquement patriotique pour n’acheter que des produits made-in-ici 
  • Marco Polo pour vous faire faire le Tour du Monde sans quitter la table avec des fèves Tonka, du sel blanc de l’Himalaya ou noir de Hawaï
  • packs tactiles pour que les emballages soient l’occasion d’expériences sensorielles
  • cuisine de chef pour que le luxe reste à portée de fourchette même en temps de crise : spécialités aux fruits d’ailleurs (sabayons au yuzu, verrines de kamut),  associations improbables (amaretto de cidre, panna cotta au vermouth ou à la réglisse), plats sortis des cartes de restaurants étoilés (tiramisus de courgettes, émulsion de verveine)
  • FBI attitude avec des régimes branchés aux noms codés : 2-3-7 (2 repas, 3 collations, 7 jours),  5-2 (5 jours de ripailles, 2 jours de jeûne) pour rallier au sein de salons et de forums ad hoc, des nébuleuses de tribus adeptes du «paléo», du «sans gluten», du «sans laitages», «sans glutamate» …

 

Certes nos habitudes alimentaires ont évolué dans le bon sens. Nous mangeons moins gras, moins sucré, moins salé mais la cacophonie médiatique qui nous assourdit de conseils nutritionnels jusque dans nos messageries électroniques (Comment -au choix- retrouver une taille de guêpe, contrôler le cholestérol, stimuler ses neurones, échapper à la cellulite…) nous a fait oublier les simples joies du plaisir gourmand.

L’idéologie des «croisées» de notre époque moderne c’est “manger sain”… Un légitime et pieux Graal qui nous a pourtant conduit -nous fines bouches Gauloises – à disséquer notre alimentation et à compter les calories de chacun de nos coups de fourchette ! A rechercher l’hyper-équilibre, nous avons sombré dans l’hyper-contrôle et l’obsession du faux-pas nutritionnel. Surtout, nous avons jeté aux oubliettes le savoureux coq-au-vin familial du dimanche.

Moi, ce soir, je vais concilier tendance et tradition avec : des hannetons-frites, sauce béarnaise !

 

 Francine Joyce – diététicienne – nutritionniste à Londres

www.sos-silhouette.com

paru dans L’Echo Octobre – Novembre 2015

Alerte aux Insectes

insectes

Loin des sols bitumés de la city, lorsque les lueurs de l’aube dévoilent le paradis provençal dont vous avez rêvé tout l’hiver, les arbustes de romarin laissent apparaitre la légèreté multicolore des papillons, l’élégance translucide des libellules et toute une joyeuse jungle de vies imperceptibles à mille pattes. Un langoureux bain de verdure qui peut vite se transformer en cauchemar façon Spielberg. Depuis «Les Dents de la Mer» et «Anaconda», nous fantasmons sur les requins et les reptiles mais la terreur inspirée par certains êtres minuscules plus anonymes peut s’avérer plus effroyable. Les insectes sont capables de s’organiser en milices pour pratiquer une violence gratuite. A la nuit tombée, ils se glissent dans les matelas, bourdonnent, dégoulinent de bave, mordent, piquent, flagellent tout le monde et vous assurent une nuit torride …mais pas celle que vous espériez ! Le dormeur ressort de ce corps à corps épuisé et couvert de boutons hideux, voire de pustules.  

Petit bestiaire non exhaustif aux côtés du Dr Strasman, dermatologue à  Maison Médicale, de tous ceux qui semblent avoir pour obsession de torturer les vacanciers.

De quels envahisseurs zélés faut-il se méfier sous nos cieux paraît-il cléments ?

Puces et punaises qui colonisent les sommiers de votre gîte rural ; chenilles processionnaires, tiques et fourmis en forêt ; taons, guêpes et leur fratrie d’hyménoptères au-dessus du panier pique-nique ; méduses et vives en mer ; parasites en eaux douce et à toute heure du jour et de la nuit : la femelle du moustique qui, en bonne mère de famille nombreuse suce le sang des randonneurs, injecte sa salive anticoagulante et allergène et fait le stock de protéines pour ses petits.

Les insectes les plus dangereux sont ceux des pays chauds qui transportent des maladies comme le Paludisme, la Fièvre Jaune ou la Maladie du Sommeil. 

Comment réagir face à la menace d’une paire d’antennes ?

La prévention reste la meilleure solution : colliers anti-puces pour les animaux de compagnie, vêtements longs, imprégnation de répulsif, bombes insecticides, fumigènes, moustiquaires, voire le petit verre de rosé ou de pastis car selon des chercheurs américains, les suceurs de sang détestent l’hémoglobine alcoolisée ! Il faut rester zen, bannir les coups de serviette au-dessus de la pastèque ou les arts martiaux anti-guêpe (agitation irrationnelle des bras et des jambes accompagnée de jurons suraigus) et ignorer l’ennemi. 

Et si malgré cet acte de téméraire stoïcisme vous êtes piqué ?

Pour les piqûres d’abeille la douleur est vive et immédiate et suivie d’une sensation de brûlure : crèmes antiseptiques (diaseptyl, hexomédine), anti-histaminiques, éventuellement corticoïdes sur avis médical. Si le dard est toujours dans la peau, le retirer le plus tôt possible à l’aide d’une carte de crédit ou d’un couteau non tranchant pour ne pas presser le dard et injecter plus de venin dans la blessure. Désinfecter la plaie, prendre un antalgique et appeler le SAMU en cas de réactions allergiques car elles peuvent être graves et provoquer un choc cardiovasculaire. La guêpe, le frelon (et son cousin chinois qui a étendu son terrain de jeu à notre Hexagone depuis 2004), peuvent attaquer plusieurs fois.

La chenille processionnaire est tout aussi piquante. Au contact de la peau, ses microscopiques poils provoquent des démangeaisons, des oedèmes voire des phénomènes généraux. Il ne faut surtout pas essayer de les détruire ou secouer l’arbre.

En cas d’infection parasitaire par des fientes de canards dans les eaux douces de certains lacs : corticoïdes locaux et crèmes anti-histaminiques.

Il est temps de fermer les yeux sous votre parasol … le concert des cigales va commencer ! 

Francine JOYCE

Paru dans L’Echo Juin – Septembre 2015