Les Calories de l’Alcool

De l’apéritif au digestif : boire et déboires !

Une bière devant un grand match, un cocktail à un vernissage, du champagne pour un anniversaire de mariage, mulled wine à la Christmas party de l’entreprise … l’alcool sacralise les grands moments, exalte les passions, adoucit les peines, favorise la digestion … et menace tous les tours de taille ! Il existe autant de boissons alcoolisées que de goûts, d’occasions, de mythes et de manière de l’apprécier. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse fredonne Alfred de Musset. En France le vin est une institution gastronomique, un art, une science célébrée à toutes les tables. Ici, en Angleterre il est apprécié dans toute sa noblesse par nos hôtes britanniques – producteurs de piquette certes mais fins connaisseurs ! Les plus gros consommateurs restent  les moldaves et Homer Simpson qui considère que la quantité d’alcool la plus dangereuse… c’est zéro ! Quelle réalité diététique se cache derrière les étiquettes millésimées, sous les capsules et à la pointe des tire-bouchons ?

L’alcool c’est du plaisir et de l’énergie. Un gramme d’éthanol c’est une petite dose d’euphorie qui apporte 7 calories – quasiment le double d’un gramme de sucre ! En outre, la bière, le cidre et les alcools «moelleux» tels que le muscat, les vins doux, le Vermouth et les liqueurs sont riches en glucides. Ainsi, en calories, 1 verre de vin est équivalent à 1 tranche de pain ; 1 bouteille de bière à 5 sucres ; 1 flûte de champagne à 10 apéricubes ; 1 Cognac à 1 banane etc … Un «ptit coup derrière la cravate» quotidien équivaut au bout d’un an, à 37 pizzas (de 30 cm) aux 4 fromages ou 182 pots de 60g de mousse au chocolat annuelles !

De plus l’alcool ne s’évapore pas au fur et à mesure qu’il passe dans l’estomac. Contrairement aux autres nutriments, il est absorbé directement. Les graisses et les sucres qui ne sont plus éliminés sont alors stockés au détriment de votre ligne. Selon leur degré -5° pour la bière, 45° minimum pour les reflets vert anisé de l’absynthe (qui se déguste aujourd’hui dans les discothèques branchées, épurée de son psychotrope d’origine mais à la manière de Rimbaud, Oscar Wilde ou Toulouse Lautrec), les boissons alcoolisées apportent différentes quantités d’éthanol  -donc de calories- et conduisent à toutes les nuances de l’ivresse !  En moyenne, il faudra à votre foie (avec quelques variations individuelles) un peu plus d’une heure pour métaboliser le contenu alcoolique d’une unité (1/2 pinte de bière, 1 flute de champagne, 1 verre de planteur). Le total calorique apporté par un litre de vin à 10° vous demandera lui 2 heures de vélo (à 20 km/h) ou 3 heures de marche rapide ou encore 1 heure de course pour être éliminé !  

Complice de dérives et d’excès en tous genres, l’alcool est-il moins nocif dans un fond de sauce que dans un fond de bouteille ? Faut-il censurer le fameux bœuf bourguignon de notre rédactrice en chef Marie-Blanche au regard de son titre alcoolémique ? Lors de la cuisson, la chaleur fait évaporer l’alcool mais conserve son arôme. Une partie résiduelle d’alcool est néanmoins retrouvée dans la préparation finale. Elle est variable en fonction du temps de cuisson et de la puissance de la chaleur (Il en reste environ 35% au bout d’1/2 heure sur le feu, 10% au bout de 2 heures). Ainsi, une banane flambée compte plus de résidus d’alcool qu’un coq au vin qui a mijoté plusieurs heures. Il ne faut pas pour autant s’interdire ces succulentes spécialités de notre patrimoine gastronomique ; leur quantité d’éthanol rajoute rarement plus de 6g d’alcool et une centaine de calories à la préparation finale. De toutes façons, il est impossible de résister à un tiramisu !

Cheers !     

Evaluations gratuites sur le site Mydrinkaware.co.uk

Francine Joyce  – diététicienne  www.dietconsulting.co.uk

Paru dans L’Echo Décembre 2013 – Janvier 2014