La Réforme du Christmas Pudding

Ce mois-ci, L’Echo ne vous propose pas un match entre 2 de vos spécialités préférées mais une farandole de desserts, de pies, de puddings de Noël qui se bousculent dans des assiettes dorées ! Lequel choisir ? Lequel éviter ? Lequel sélectionner pour accompagner le plus diplomatiquement possible le discours de Sa Majesté le 25 Décembre ?

C’est le Roi Georges Ier qui décréta en 1717 que le pudding  ne devait être consommé qu’à Noël. Baby Prince Georges, fils de Kate et William, futur héritier de la Couronne d’Angleterre, de son apparat, de ses coutumes historiques et donc de ses traditions culinaires va-t-il lui aussi, dès son premier Noël à Buckingham « réformer » le destin du mythique Christmas Pudding ? Le transformer en base de construction pour son royal Mr Patate en lui plantant une couronne au-dessus, des bras sur les côtés et une cerise confite pour le nez ? Après tout, ce conglomérat de fruits secs et de mélasse durcit à l’air aussi bien que du Playdoh et se transforme en quelques heures en statue de bronze à l’éffigie des ancêtres de votre choix ! Va-t-il en parsemer de délicieuses miettes sur le gazon de Kensington Palace pour redonner un peu d’énergie aux cerfs de Santa et ne pas menacer un peu plus le tour de taille du Père Noël qui en picore au pied de toutes les cheminées britanniques? Va-t-il participer à la 32è course d’obstacles (slaloms, toboggans gonflables…) de Covent Garden et rivaliser avec ses sujets pour emporter son Christmas Pudding jusqu’à la ligne d’arrivée sans le faire tomber ? Wait and See … D’ici là, il reste une multitude de desserts exotiques dans nos pâtisseries locales ou dans nos recipe books pour angliciser le réveillon :

Les Mince Pies : merveilleuses tartelettes à base de mince meat (à l’origine, viande épicée dont les anglais raffolent depuis les croisades) à la manière des pastillas marocaines  avec raisins secs, gingembre, sucre, brandy aujourd’hui sans le mouton et la graisse de bœuf. (200 kcal/unité)

Le Dundee Cake : magnifique gâteau écossais très riche en fruits et décoré d’amandes entières (parce que Mary Queen of Scots détestait les cerises confites). Keiller, le célèbre fabriquant de marmelade en revendique la délicieuse recette actuelle. (380 kcal/part de 100g)

Le Fruit Cake : qui cache sous sa blanche couverture de marzipan des arômes d’orange et de clous de girofle, des fruits secs gorgés d’ivresse, des noisettes caramélisées au sucre roux et qui n’a rien à voir avec sa version américaine en forme de brique gélatineuse aux inclusions de candies multicolores ! (390 kcal/part de 100g)

The Yule Log : biscuit roulé à la crème au beurre, inspiré de notre Buche française et incrusté de fantaisies lyriques : champignons en meringue, feuilles de houx, étoiles filantes en chocolat blanc. La version anglo-saxonne diffère surtout par sa décoration avec parfois une autoroute de icing bordée de cabines téléphoniques rouges pour remplacer notre bucolique glaçage en forme d’écorce d’arbre, Big Ben à la place de nos verts sapins en sucre, taxis noirs plus rapides que des cerfs, gentlemen plus chics que nos petits nains en pâte d’amande :  très jolies + très typiques toutes les deux ! (320 kcal/part de 100g)

Le Brandy Butter : crème épaisse sucrée parfumée au cognac qui n’a finalement pas été proscrit par L’UE à Bruxelles pour sa quantité insuffisante de beurre : moins de 75% ! Il est heureusement toujours servi à la manière d’Hercule Poirot : bien froid pour contraster avec les desserts chauds. (130 kcal/25g)

All my most scrumptious and delicious wishes for Christmas !

Francine Joyce – diététicienne

www.dietconsulting.co.uk

paru dans L’Echo Décembre 2013 – Janvier 2014