Histoire d’eau !

smily Ali

Des heures torrides de farniente sur un sable brûlant et sous un soleil incandescent … vous en avez rêvé tout l’hiver et ça y est, à l’heure où L’Echo part sous presse, le compte à rebours vers vos flamboyantes destinations estivales est entamé ! En haut d’un toboggan aquatique ou dans une chaise-longue, le Paradis commence en bikini et à 35°. Mais si les épisodes de hautes pressions enchantent les baigneurs, les marchands de glaces, les vendeurs de piscines gonflables et les fabricants de climatiseurs, ils sont aussi les plus maléfiques complices de vos vacances.
Un thermomètre qui s’embrase à l’ombre de parasols impuissants face à des températures affolantes c’est la dangereuse promesse d’un bronzage qui tourne à la couleur homard thermidor puis du coup de chaleur ! Votre meilleur allié pour prévenir l’insolation et faire face à cette « surchauffe » : c’est l’eau !
Bien que terrestres … nous sommes majoritairement composés d’eau : 60% de notre poids corporel. Sans manger, nous pourrions vivre des semaines ; sans boire il nous serait impossible de survivre plus de quelques jours. Même le sobre chameau doit s’abreuver à son heure ! L’eau, au même titre que l’air est essentiel à la vie ; or nous sous-estimons souvent son importance. Aucun nutriment n’est aussi essentiel dans des quantités aussi importantes. L’hydratation est au centre de toutes les fonctions physiologiques ; toutes les cellules en ont besoin. Elle régule la pression sanguine, la température corporelle, la digestion. Elle lubrifie muscles et articulations, elle préserve l’élasticité et le teint de la peau, elle élimine les déchets du métabolisme. Elle permet de prévenir l’infection urinaire et la formation de calculs rénaux … Certaines eaux minérales riches en calcium contribuent à maintenir une bonne santé osseuse.
Contrairement aux dromadaires et autres zébus qui sont capables d’oxyder leurs graisses pour s’hydrater, l’homme doit compenser ses pertes en buvant. Nous perdons 2,5 litres d’eau quotidiennement. Le sport, l’élévation des températures, une fièvre ou une diarrhée augmentent la transpiration, les pertes et de ce fait les besoins hydriques. La dose journalière recommandée est de 2 litres d’eau – environ 8 verres- (un peu plus pour les femmes enceintes ou allaitantes).
Une déshydratation peut provoquer : maux de tête, fatigue, étourdissements, nausées, troubles de la concentration. La sensation de soif apparait lorsque l’organisme est déjà déshydraté (à hauteur de 1% du poids du corps) ; pour les sportifs, une déshydratation de 2% du poids du corps peut réduire jusqu’à 30% les capacités à maintenir un exercice à puissance imposée ; l’endurance diminue proportionnellement au degré de déshydratation. Pour eux, l’adjonction de sel favorisera la rétention hydrique et maintiendra le niveau d’énergie plus durablement en stimulant l’absorption des glucides.
Toutes les boissons peuvent contribuer à l’hydratation totale y compris les jus de fruits, les citronnades, l’eau de coco (qui n’a rien de miraculeux mais est très rafraichissante), le thé, le lait, les infusions et … même la soupe ! Mais attention aux boissons qui contiennent plus de 10% d’alcool (la plupart des vins) car elles ont un effet diurétique. Attention aussi aux eaux pétillantes (possible ballonnements), aux sucres des soda (susceptibles d’occasionner des troubles digestifs et à long terme : surpoids et caries dentaires), aux glaçons (qui peuvent causer des crampes d’estomac). La consommation spontanée d’une boisson agréable (quelle que soit sa saveur, sa couleur ou son odeur) est spontanément supérieure de 32% en moyenne à une boisson au goût neutre ; il ne faut donc pas négliger les effets sensoriels qui, en cas de chaleur excessive ou de risque d’insolation facilitent la prise d’une boisson sans attendre d’avoir soif.
Francine Joyce diététicienne www.dietconsulting.co.uk
Paru dans L’Echo juin – septembre 2016