Cholestérol, Tu me Fends le Coeur !

cholesterol diet

 

Depuis sa découverte en 1758, le cholestérol apparait comme le Dr Jekyll et Mr Hyde de notre organisme. Il est l’ennemi public numéro 1 de nos artères, un «tueur silencieux» mais aussi un «dopant» des membranes cellulaires, des neurones, de certaines hormones et protéines. Régimes, médicaments et traitements «anti-boucheurs d’artères» plus ou moins conventionnels font sans arrêt la une de l’actualité. Pourtant, les lipides sont nécessaires à l’organisme et le cholestérol est  indispensable à la vie. Il ne faut donc pas éliminer les graisses de l’alimentation ; mais il est essentiel d’adapter les apports en quantité et en qualité pour éviter un stockage excessif, et diminuer le risque de maladies cardiovasculaires. La mise en place de mesures hygiéno-diététiques peuvent s’avérer salutaires pour rester en bonne santé ou ré-équilibrer un bilan lipidique perturbé. La Fédération Française de Cardiologie propose : 0 cigarettes, 5 fruits et légumes et 30 minutes d’exercice par jour.

Tableau de bord de la prévention diététique :

Mesure n°1 : Le foie produit la grande majorité du cholestérol de l’organisme (et certains d’entre nous en produisent spontanément bien plus que d’autres). L’apport alimentaire à lui seul a peu d’effet sur la cholestérolémie. Un tiers seulement provient de l’alimentation -particulièrement des produits d’origine animale. Ce sont les denrées riches en acides gras saturés (viandes grasses, beurre, charcuteries, fromages…) et en acides gras trans (viennoiseries industrielles, margarines hydrogénées…) qui font monter le taux de mauvais cholestérol (LDL). Il convient donc d’en limiter la consommation au profit d’aliments riches en acides gras insaturés (huiles d’olive, de colza, graines de lin, poissons riches en oméga 3 – saumon, flétan, sardines…)

Mesure n°2 : augmenter les fibres en consommant plus de fruits et légumes, crus ou cuits, et des céréales (avoine en particulier) car elles freinent l’absorption des lipides et des glucides

Mesure n°3 : favoriser les produits riches en phytostérols. Leur effet est marginal mais, à haute dose, ils potentialisent la prévention de l’athérosclérose. Consommez : fruits, graines oléagineuses, céréales complètes, huiles végétales, certaines margarines

Mesure n°4 : privilégier les aliments riches en  vitamines C et E pour leur action anti-oxydante : kiwis, cassis, mangue, abricots, persil, poivron, brocoli, carottes, épinards, tomates, avocat, agrumes, amandes

Mesure n°5 Limiter le cholestérol alimentaire même s’il représente une très faible proportion du cholestérol total. Diminuer sans les supprimer la consommation de jaune d’œuf, beurre, abats, mollusques, crustacés

Mais aussi :

–        Diminuer le sel

–        Limiter l’alcool

–        Choisir des modes de cuisson qui ne nécessitent pas d’ajout de matière grasse et éviter les fritures

–        Pratiquer une activité sportive régulière

–        arrêter de fumer

–        maintenir un poids stable

–        manger à des heures régulières (ne pas sauter des repas, éviter le grignotage)

–        ne pas consommer les produits sucrés isolément

Il ne s’agit pas de bouleverser ses habitudes pour devenir un modèle de vertu diététique mais d’adopter quelques orientations efficaces et valables pour nous tous.

Francine JOYCE – Diététicienne – Nutritionniste à Londres

Paru dans L’Echo Février – Mars 2014

 www.dietconsulting.co.uk

Fromage ou Dessert

fromage ou dessert

 

«Fromage ? ou Dessert ?» La petite phrase qui annonce la fin du repas comme le dernier acte d’une tragédie de Corneille : un choix impossible qui présente la gourmandise comme un inavouable pêché alors qu’elle est un art de vivre ! L’Echo a mené l’enquête à Londres et comparé les résultats avec les tendances anglaises et françaises (publiés par les observatoires nationaux).

 

 

 

                      Français à Londres*    UK                   France

Fromage :       23.8 %                         11.2 %             29.3 %

Dessert :          54.7 %                         20 %                49.7 %

Les 2 :              12.5 %                            2.1 %               15 %

Aucun :              9 %                              ­­66.7 %               6 %

*593 expatriés interrogés       

Notre référendum révèle une disparité marquée entre les modèles alimentaires britanniques et français mais, le dessert gagne le match de popularité ! Victoire prévisible car le sucre est universellement associé à la notion de plaisir. Les expériences montrent que les nouveau-nés préfèrent l’eau légèrement sucrée à l’eau légèrement salée. La culture prend alors le relais de la physiologie : quand l’enfant est puni, il est traditionnellement privé de dessert – pas de fromage !

Le mot dessert désigne le dernier service d’un repas. C’est un plat sucré servi après le fromage … ou avant si vous êtes anglais. On peut se demander si ce goût sucré à la fin du repas répond à un besoin physiologique ou s’il s’agit d’une habitude culturelle. Les spécialistes du comportement alimentaires sont unanimes : le dessert est une tradition occidentale relativement récente (18è siècle). La plupart des cuisines du Monde mélangent les saveurs sucrées et salées : poulet chinois (à l’ananas), tajines d’agneau (aux abricots)…

Quant au fromage, c’est l‘un des produits dont la consommation diffère le plus selon les pays. Presque inexistant en Asie, il est en Allemagne ou en Belgique associé au petit-déjeuner alors qu’en Angleterre ou aux USA il est consommé sur le mode du snacking (souvent sous forme de sandwich aux reflets fluorescents). Le cas de la France est unique : le fromage fait partie intégrante du repas. Les français en consomment par an et par habitant 21,4 kg ; les anglais 10,2kg (Stilton à Noël et Cheddar toute l’année). La tradition française du plateau de fromages présentés comme des oeuvres d’art n’a aucun équivalent dans le Monde ! Notons tout de même respectueusement que le très British Cornish Blue a remporté le World Cheese Award en 2010 devant 3000 autres …

Nutritionnellement, chacune des 2 options a ses pours et ses contres :

Les Plus

Les fromages apportent calcium et protéines

Les desserts  sont une source de vitamines s’ils sont aux fruits + parfois de protéines (œufs) et de calcium (cheesecakes, flans, glaces …) et surtout de plaisir très sensuel : dans Madame Bovary, Flaubert écrit : «Il l’embrassait (…) c’était (…) comme un dessert».

Les Moins

Les 2 sont très caloriques (mis à part la salade de fruits) et sont de féroces ennemis des régimes minceur

Les fromages sont une source importante de graisses saturées et de sodium ; ils sont déconseillés en cas de désordres lipidiques, de tension artérielle élevée ou de surpoids. Ils ne contiennent quasiment pas de glucides mais sont généralement consommés avec du pain qui en contient beaucoup. Ils sont très pauvres en vitamines (sauf les fromages à moisissures types bleus riches en vitamines B).

Les desserts sont très riches en sucres simples cariogènes et souvent aussi en graisses (crème, beurre)

Pas facile de choisir … C’est pourquoi 12,5% d’entre vous prennent les 2 et 9% préfèrent une entrée. Le fromage blanc ? avec du miel ou un coulis de fruit, c’est un dessert ; avec du poivre et des herbes, c’est un fromage !

De quoi y perdre son latin culinaire mais pas de quoi en faire un fromage ! Régalez-vous à table, c’est mieux que de grignoter toute la journée … mais avec modération, of course !

Francine JOYCE diététicienne www.dietconsulting.co.uk

Paru dans L’Echo février-mars 2014