Diététique des Pique-Niques

pique nique

Les pique-niques sont LA tendance dés les 1er rayons de soleil. Repas qui, selon l’étymologie nous font picorer («pique») de petites choses («niques») ils sont le moyen bucolique par excellence pour échapper à notre environnement urbain étouffant et pollué. On profite de nos magnifiques parcs Londoniens et du moindre carré d’herbe, de la plus petite souche d’arbre pour s’installer à l’ombre d’un platane et étaler plaids, paniers, assiettes en carton et couverts en plastique colorés. Ces petites expéditions nous permettent de quitter la cuisine -toujours trop étroite, d’échapper à la tyrannie du lave-vaisselle et de «renouer» avec la nature. Quel plaisir de déjeuner en plein air, à la plage ou simplement au fond du jardin et de retrouver les joies simples de l’enfance, loin des conventions, sur le pouce et sans table !
Si manger en est l’activité principale, ce n’en est pas la motivation de départ. Ces repas «à la bonne franquette» mais gourmands sont bien plus qu’une occasion gastronomique : ils sont un prétexte pour re-créer un lien social, rassembler la famille et toutes ses générations. Rien de plus rassurant pour des retrouvailles que cette ambiance bon enfant, à l’extérieur, en toute liberté.
La tradition remonte à la nuit des temps : aux bergers des « Bucoliques » de Virgile, aux aristocrates dans les jardins de Versailles, aux nobles en voyage ou à la chasse, aux fêtes républicaines des Révolutionnaires. Elle est célébrée dans la littérature par Rousseau, Stendhal, Zola, Maupassant… dans la peinture par Renoir et Manet (célèbre «Déjeuner sur l’herbe»).
De nos jours, l’ambiance des pique-niques est devenue plus spontanée, plus «légère» : pas de chandeliers et de mets sophistiqués mais une bonne bouteille et de la bonne humeur ! La convivialité en toute simplicité !
Aujourd’hui, Il n’est pas de courses hippiques, de concerts, ou même de rassemblement politique qui ne culmine sur l’herbe, «à la croque au sel» !
Les pique-niques sont pour certains, devenus des rassemblements très chics sans rien en commun avec le simple fromage de chèvre des bergers de mes Alpages Dauphinois ! Chacun rivalise d’originalité dans l’organisation de réceptions mondaines au grand air, dignes des garden parties de Buckingham !
Pourtant il n’est pas nécessaire de préparer des plats sophistiqués ni d’emporter les meubles du salon et l’argenterie ! Le casse-croûte peut être gourmand tout en restant light ! Diététique mais fun ! Il suffit de rester pratique et de ne pas oublier les boules de pétanque ! Crudités pleines de vitamines, salades de riz ou de pâtes (si une activité plus olympique que la partie de carte est au programme), fruits (en brochettes, salades, tartes) rafraichissants et savoureux.
Pour les sandwichs, attention au choix du pain : un multi-céréales sera plus rassasiant qu’une baguette, et vous évitera de craquer pour les friandises du goûter des enfants.
C’est rare en Angleterre … mais au-dessus de 30°, évitez crème pâtissière et mayonnaise et n’oubliez pas la boisson pour éviter déshydratation et fatigue surtout pour les jeunes enfants, et les footballeurs du dimanche ! Emportez l’eau préalablement congelée, cela permettra de maintenir le reste des préparations au frais. Elle aura fondu à temps pour être rafraichissante à midi. Pour le petit verre de vin ou de Pim’s … je ferme mes yeux de diététicienne si vous ne devez pas conduire pour rentrer à la maison !
Francine Joyce – diététicienne
Paru dans L’Echo Avril – Mai 2013
francine@dietconsulting.co.uk

Pomme ou Banane ?

Joséphine Baker

Deux fruits ordinaires et pourtant légendaires !
La banane, c’est la mythique coupe de cheveux d’Elvis Presley et la gourmandise préférée de King Kong, Federer ou Beyoncé. Elle doit à sa forme « caractéristique » une réputation « sulfureuse » pourtant, c’est la pomme qui évoque le péché originel ! Toute en rondeurs elle est le dessert favori d’Adam et Eve, d’Aphrodite, Blanche Neige, Guillaume Tell, les Beatles et Steve Jobs !
Evocateurs des symboles les plus extraordinaires, ces deux fruits sont-ils vraiment similaires ? Comparons leur composition pour 100g de produit :

BANANE POMME
Energie : 89 kcal / 49 kcal
Protéines : 1.1 g / 0.3 g
Glucides : 21.8 g / 11.7 g
dont sucre : 17.2 g / 11.6 g
amidon : 3.8 g / 0.1 g
Fibres : 2 g / 2.1 g
Lipides : 0.3 g / 0.3 g
Eau : 74 g / 85 g
Potassium : 385 mg / 120 mg
Magnésium : 30 mg / 4 mg
Calcium : 8 mg / 5 mg
Vitamine C 12 mg / 5 mg (concentrée essentiellement au niveau de la peau)

Les +
• Apport calorique modéré pour les deux. En théorie, la banane est bien plus énergétique que la pomme car sa densité calorique est 2 fois plus élevée … mais en réalité leur apport en calories est très similaire en raison de leur poids moyen respectif par unité : une banane (90 g en moyenne) ne dépasse généralement pas 80.1 kcal alors qu’une pomme (170 g en moyenne) peut vite atteindre 83.3 kcal – pour les régimes minceur, choisissez une Royal Gala.
• Ces deux fruits sont riches en pectine qui retarde l’absorption des sucres et permet de modérer les envies compulsives en tous genres !
• Tout comme la banane, la pomme présente des propriétés anti-diarrhéiques quand elle est consommée crue ; elle a en plus des vertus légèrement laxatives quand elle est cuite.
• Pour les deux fruits, il faut souligner une grande richesse en vitamines C et autres substances anti-oxydantes qui luttent contre les radicaux libres, aident à réduire le taux de cholestérol et le risque de maladies cardio-vasculaires. That’s why : « an apple a day keeps the doctor away » !
• Teneurs particulièrement élevées en potassium et magnésium de la banane qui en font une alliée des sportifs.
Les –
Pour la banane :
• mis à part le côté glissant de sa peau sur les trottoirs, une conservation difficile entre 15° et 20°. En dessous, elle noircit et perd sa saveur ; au-dessus elle ramollit et murit très rapidement. De plus, au cours du mûrissement ses amidons se transforment en sucres simples.
• Les bananes sont deux fois plus riches en glucides que les pommes ; les diabétiques doivent les choisir fermes, jamais trop mures et n’en consommer qu’occasionnellement. Moins riches en eau, elles sont aussi moins rafraichissantes que les pommes.
Pour la pomme :
• sa culture implique aujourd’hui l’utilisation intense de pesticides, cires et nombreux produits chimiques résistants et très nocifs. Il est préférable de les choisir Bio et impératif de les laver puis de les essuyer énergiquement avant de les consommer avec la peau si vous ne voulez pas entendre ricaner le serpent du Jardin d’Eden …

Francine Joyce – diététicienne française à Londres
Paru dans L’Echo Avril – Mai 2013