Chasse à l’Oeuf

trésor sous une coquille

L’œuf, c’est le symbole de la fécondité, la promesse de la Renaissance perpétuelle, le principe de l’immortalité, l’image du renouveau et à Pâques de la Résurrection du Christ.
Fabergé, l’orfèvre à la cour de Russie lui a donné au 19è siècle des lettres de noblesse en créant chaque année pour le Tsar des œufs de Pâques surprise, véritables joyaux réalisés avec les matériaux les plus luxueux : or, pierres précieuses, cristal …
L’œuf a donc maintenant, c’est bien mérité, son « musée international « (à Soyans dans la Drôme)
L’œuf c’est aussi un aliment d’une grande richesse nutritionnelle. N’importe quelle espèce pondeuse y compris la tortue, le caïman ou l’esturgeon produit des œufs propres à être consommés. Celui de la poule a graduellement pris le pas sur les autres volatiles mais autrefois, les Phéniciens préféraient les œufs de l’autruche, les Chinois se régalaient de ceux du pigeon, et les Romains se délectaient avec ceux du paon bleu. Vous trouverez dans le recueil culinaire, du célèbre gastronome de l’Antiquité Apicius de savoureuses recettes de flans et d’omelettes. Pourtant, l’œuf est longtemps resté un élément marginal dans notre alimentation à cause d’interdits religieux (le calendrier liturgique du Moyen Age en interdit la consommation 160 jours par an – comme la viande !), pour des raisons économiques (il est plus rentable d’attendre que l’œuf se transforme en poule ou en coq) ou des croyances superstitieuses. Aujourd’hui, les œufs d’or de la célèbre poule d’Esope sont à la carte des chefs les plus étoilés : accommodés de truffes, de foie gras…
L’oeuf doit sa popularité à sa richesse nutritionnelle. Il contient en effet des protéines dites complètes car elles renferment les 9 acides aminés essentiels à l’organisme et dans des proportions optimales. L’œuf est ainsi utilisé comme référence pour évaluer la valeur biologique des autres protéines alimentaires. (Il est fréquent de voir des sportifs de haut niveau boire les blancs d’œufs crus par litres !) De plus, le jaune contient des antioxydants reconnus : la lutéine et la zéaxanthine de la famille des caroténoïdes qui lui donnent sa magnifique couleur de soleil.
Un œuf, c’est pratique ! Il se conserve facilement, assez longtemps et sous formes variées : entier, blancs, jaunes, en liquide, en poudre, congelés, en seaux, en poches, enrichis, salés, sucrés, durs… il est un ingrédient d’innombrables préparations…
Et depuis le 18è nous attendons tous toute l’année la tradition gourmande de l’œuf … en chocolat !!! Irrésistible ! Il est le trésor enrubanné des chasses les plus effrénées ! La France en consomme aujourd’hui 13000 tonnes à Pâques !!! Et les anglais dévorent eux près de 300 000 boites de ces creme eggs qui cachent sous une couche de chocolat au lait une crème fondante blanche très sucrée et un cœur jaune dégoulinant !
Ainsi Novak Djokovic doit à « l’ovothérapie » son titre de numéro 1 mondial et dit-il, sa victoire de la plus longue finale de l’histoire du tennis à l’Open australien de Melbourne 2012 !! Le tennisman vient en effet de révéler dans le Wall Street Journal qu’il utilisait une machine californienne en forme d’œuf dépressurisé pour booster ses performances sportives. Cet appareil recrée des conditions d’altitude, améliore la circulation sanguine, augmente le nombre de globules rouges, diminue l’acide lactique … Il suffit dit-il de s’y asseoir et de s’y détendre 20 minutes 3 fois par semaine !
L’œuf a aussi ses détracteurs : Il est accusé d’être responsable de maladies cardiovasculaires à cause de sa richesse en cholestérol, d’être à l’origine d’épidémies de salmonellose, de déclencher des allergies. C’est pourquoi il est recommandé, par précaution, de ne pas l’introduire dans l’alimentation des tout petits avant l’âge de un an et de l’exclure du régime des allergiques -même cuit, car la chaleur altère les protéines mais n’est pas suffisante pour prévenir la réaction excessive d’un système immunitaire sensibilisé.
Alors, à cheval, à la coque, à la neige, en omelette ou en chocolat, moi je crois comme Carlo Goldoni : « Mieux vaut un œuf aujourd’hui qu’une poule après-demain » !!! … surtout si il est en chocolat !!!
Paru dans L’Echo avril-mai 2012

St Valentin

irrésistible chocolat !

Peut-on vivre d’Amour et d’Eau Fraiche ?
Le 14 février, le patron des Amoureux nous apparait comme le plus gourmand de tous les Saints ! Diner aux chandelles, champagne … et chocolat accompagnent traditionnellement les déclarations les plus ferventes !!!
Theobroma Cacao c’est étymologiquement en Grec, « la Nourriture des Dieux » ! La plus romantique des gourmandises ! La plus mythique ! La plus auréolée des vertus les plus délectables et les plus précieuses ! Cette fondante confiserie cache sous une feuille d’or froissée des harmonies pralinées et croustillantes qui rappellent ses origines mexicaines et l’or des Aztèques ! Qui après en avoir croqué un carré n’a pas rêvé d’en dévorer un autre ? Notre appétit de volupté semble insatiable !!
Pourtant cette exquise et romantique douceur était au départ considérée comme un infect médicament amer ! Ainsi, au XVIè siècle le cacao était souvent préparé avec de l’eau d’endive « pour modifier les vapeurs de la rate ». Au XVIIIè il se présentait en pharmacie sous des formes un peu plus variées : « pectoral », « purgatif » ou « analeptique » pour retrouver fraicheur et embonpoint perdus !! En fait, on lui préférait généralement à l’époque les vertus thérapeutiques d’un petit verre d’eau de vie !!!
Riche en magnésium, fer, phosphore, potassium et vitamines B – entre autres – c’est le côté énergétique du chocolat qui en 2012, à l’approche des Jeux Olympiques de Londres, est mis à l’honneur. Une seule pépite vous donne assez d’énergie pour accomplir 50 mètres de marche ! (Ce seront donc peut-être les Arméniens qui cette année gagneront le 100 mètres avec leur record mondial de la plus grosse tablette de chocolat : 4410 kg -le poids d’un éléphant d’Afrique !). Mais attention à la « crise de foie » (le chocolat contient en moyenne pour 100g, entre 25 et 35g de lipides + 55 à 65g de glucides … ce qui n’en fait pas le meilleur allié des régimes minceur). Il est bien sur très célèbre pour sa forte teneur en théobromine (substance diurétique et vasodilatatrice de la famille des alcaloïdes à qui le cacao doit sa sulfureuse réputation car elle stimule la libération de joyeuses endorphines …). Mais il faudrait avaler au moins 13 kg de chocolat pour observer un effet significatif sur la circulation sanguine !!
Alors le chocolat … un peu ? beaucoup ? passionnément ? Ma conscience de diététicienne me dicte plutôt « modérément »… Vivre d’Amour et d’eau fraiche c’est meilleur pour la ligne et pour le coeur !
Paru dans L’Echo Février-Mars 2012